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Hydropisie et écailles hérissées chez le poisson Ventre gonflé et aspect de pomme de pin : comment s'y retrouver

1 423 mots, 6 min de lecture

Hydropisie et écailles hérissées chez le poisson – Ventre gonflé et aspect de pomme de pin : comment s'y retrouver
Image d'en-tête (illustration) : l'espèce représentée est un platy ; il ne s'agit pas d'une illustration des symptômes

Un ventre nettement gonflé et des écailles qui se dressent vers l'extérieur signalent qu'il faut examiner l'équilibre hydrique et l'état des organes internes. L'ascite et les écailles hérissées sont des signes cliniques : on ne peut pas en déduire directement un agent pathogène unique, et un gonflement abdominal d'apparence très semblable peut aussi venir d'œufs, d'un organe ou d'une masse.[1]

Que faire d'abord en cas d'hydropisie ou d'écailles hérissées

Mesurez la température de l'eau, le pH, l'ammoniaque et les nitrites, vérifiez l'aération et la filtration, notez si un seul ou plusieurs poissons sont atteints, ainsi que les changements d'eau, transports, nouveaux poissons et modifications de l'alimentation récents. Prenez des photos de profil et de dessus, et observez si le gonflement est asymétrique, s'il continue d'augmenter ou s'il s'accompagne d'une exophtalmie.

Si le ventre gonflé s'accompagne d'écailles hérissées, d'un refus de nourriture, d'une respiration rapide, d'hémorragies ou d'ulcères, consultez rapidement un vétérinaire. Ne ponctionnez pas et ne pressez pas le ventre vous-même, et ne choisissez pas un antibiotique sur la seule base du mot « hydropisie ».

Ce que signifient l'ascite et les écailles hérissées

Illustration : à gauche, un ventre de forme normale ; à droite, un ventre gonflé avec le bord des écailles soulevé. L'aspect extérieur ne prouve pas à lui seul un épanchement dans la cavité cœlomique ni n'indique une cause précise.

L'ascite (ascites) désigne un excès de liquide dans la cavité corporelle ; le terme anglais dropsy, comme « hydropisie » en français, est employé de façon variable dans la littérature : tantôt pour une cavité corporelle distendue par l'ascite, tantôt pour un œdème des poches d'écailles qui fait se dresser les écailles. Mieux vaut donc ne pas assimiler toute « dropsy » à un simple épanchement abdominal.[1][3]

Les écailles hérissées sont des écailles qui se dressent vers l'extérieur, d'où l'aspect dit « en pomme de pin ». Un œdème des poches d'écailles peut écarter les écailles ; c'est un indice de déséquilibre hydrique, mais il ne nous dit pas ce qui a causé ce déséquilibre.[3]

L'absence d'écailles nettement hérissées n'exclut pas non plus une maladie interne, d'autant que les poissons sans écailles n'ont pas d'écailles à dresser et ne présentent généralement pas ce signe de la même façon.

Distinguer un vrai épanchement des autres gonflements abdominaux

Piste possiblePoints à distinguer
Infection bactérienne ou maladie systémiquePeut s'accompagner d'hémorragies, d'ulcères, d'exophtalmie ou de lésions d'organes ; à interpréter avec une culture et d'autres examens.
Infection virale, parasitaire ou mixteÀ évaluer selon l'espèce, l'origine et l'évolution ; tous les cas d'ascite ne nécessitent pas la recherche des mêmes agents pathogènes.
Œufs d'une femelle mature ou rétention d'œufsUn ventre qui grossit n'est pas forcément rempli de liquide ; il faut distinguer l'état reproducteur normal d'une rétention anormale.
Tumeur, organe hypertrophié ou anomalie de la vessie natatoirePeut comprimer ou déplacer les organes voisins, et parfois s'accompagner de troubles de la flottabilité.
Obstruction digestive et autres problèmesPeut aussi provoquer un gonflement ; l'appétit ou l'aspect ne suffisent pas pour en juger.

Tableau établi d'après un manuel consacré aux affections de la cavité cœlomique et des documents associés : ligne bactérienne, voir [1][2] ; autres lignes, voir [1]. La liste indique des pistes de diagnostic différentiel, pas une fréquence équivalente pour chaque cause.

Une culture bactérienne positive n'est pas forcément toute la réponse

Les Aeromonas mobiles peuvent provoquer une septicémie, un gonflement abdominal et des écailles hérissées, mais ces bactéries sont aussi très répandues dans l'eau et autour des poissons sains, et peuvent survenir à la suite d'autres infections ou de problèmes environnementaux. La détection d'une bactérie doit être interprétée avec les lésions, le site de prélèvement, l'histopathologie et l'évolution de la maladie.[3]

Les mycobactéries peuvent provoquer des lésions systémiques chroniques et variées, dont l'amaigrissement, l'ascite et des ulcères, et présentent aussi un risque de transmission à l'humain.[2] Tant que la cause n'est pas connue, protégez les plaies de vos mains au contact de l'eau de l'aquarium ou des poissons malades, et suivez les indications du vétérinaire.

Chez des espèces comme le poisson rouge, le champ des diagnostics possibles est plus large, mais l'aspect extérieur ne suffit pas à confirmer quoi que ce soit, et l'on ne peut pas présumer une infection d'après la seule saison ou la température de l'eau. C'est au vétérinaire de décider, selon les risques du cas, s'il faut prévoir des analyses particulières.

Un brusque changement de température est un facteur de risque, pas une cause universelle

Un écart de température brutal, les manipulations et autres sources de stress peuvent augmenter le risque de certaines infections ; mais une fois l'hydropisie installée, il ne suffit pas forcément de ramener la température à sa valeur initiale pour régler une atteinte des organes déjà présente.[1][3]

Lors des changements d'eau, évitez de modifier brusquement la température, le pH et les autres paramètres, et recherchez en même temps l'ammoniaque, les nitrites, la densité de population et les autres sources de stress. L'amélioration de l'environnement et la recherche de la cause doivent avancer de front.

Comment le vétérinaire peut procéder

L'imagerie, comme la radiographie et l'échographie, aide à distinguer un épanchement, des œufs, la vessie natatoire, les organes et une masse. Si nécessaire, des prélèvements de liquide ou de tissu, une culture ou des tests moléculaires peuvent suivre ; la combinaison d'examens dépend de la taille du poisson, de son état et de l'objectif du diagnostic.[1]

Les examens peuvent différer entre une maladie touchant tout un groupe et un poisson de compagnie seul. Fournissez d'abord vos relevés, pour que le vétérinaire choisisse les échantillons les plus utiles ; pour l'envoi d'échantillons et la préparation de l'eau, voir « Poisson malade : que faire ? ».

Des écailles hérissées, est-ce forcément sans espoir ?

Les écailles hérissées doivent être considérées comme un signe grave qui demande une évaluation précoce, mais l'aspect seul ne permet pas de déclarer un stade terminal. Le pronostic dépend de la cause sous-jacente, de l'étendue des lésions des organes et de l'évolution. L'ascite est un signe clinique non spécifique et non une maladie précise : un même gonflement abdominal peut demander des prises en charge différentes.[1]

Certaines lésions chroniques ou irréversibles ont souvent une issue moins favorable ; et ce n'est pas parce que le poisson a encore de l'appétit que l'on peut laisser traîner un problème interne. L'examen vétérinaire aide à repérer les facteurs sur lesquels on peut agir et à organiser la suite des soins.

Questions fréquentes

Un poisson au gros ventre a-t-il forcément trop mangé ?

Non. Des œufs, un épanchement, un organe hypertrophié ou une tumeur peuvent donner un aspect semblable ; si le gonflement persiste ou s'accompagne d'autres anomalies, un examen s'impose.[1]

Un seul poisson aux écailles hérissées : cela veut-il dire que ce n'est pas contagieux ?

Le nombre de poissons atteints ne permet pas d'en juger. Qu'il y ait un ou plusieurs malades, la cause peut être infectieuse ou non infectieuse.

Peut-on drainer soi-même le liquide ou ajouter un produit dans l'eau ?

Ne ponctionnez pas vous-même. Aucun additif ne remplace le diagnostic de la cause, ni la maîtrise de la charge, les changements d'eau et la filtration biologique ; l'opportunité d'un traitement doit être évaluée par le vétérinaire selon l'espèce, l'environnement et l'état réel du poisson.

Si un traitement est nécessaire, utilisez des médicaments vétérinaires autorisés et adaptés, selon l'étiquette et les indications du vétérinaire.

Pour aller plus loin

Références

  1. Densmore CL. Coelomic Disorders. In Smith SA ed. Fish Diseases and Medicine. CRC Press, pp. 174–182, 2019. doi:10.1201/9780429195259-8.
  2. Petty BD, Francis-Floyd R, Yanong RPE. Bacterial Diseases of Fish. Merck Veterinary Manual, révisé en 2022.
  3. Hanson LA, Hemstreet WG, Hawke JP. Motile Aeromonas Septicemia in Fish. SRAC Publication 478, revised 2019.
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